2- Hôpital : UN COCKTAIL A LA SAUCE FINANCIÈRE

Vous connaissez l’hôpital, œuvre des siècles passés, ce lieu d’accueil, cette maison hospitalière où l’on recevait des voyageurs, des pèlerins, des indigents, dont le but initial fut de porter secours aux plus démunis. Un hôpital public Français qui fait l’honneur d’un pays, qui sert d’exemple aux autres. Un hôpital qui sait accueillir, qui offre le sourire apaisant d’un personnel dévoué, motivé, passionné par le service qu’il peut rendre à une population en souffrance. Mais pour combien de temps ? De réforme en réforme le sourire s’estompe, le dévouement se délite, la motivation s’égare, la passion s’externalise. Il n’est pas trop tard, mais…

Sur le site du gouvernement « vie publique », les explications de l’évolution actuelle méritent le détour.

« L’âge d’or » de l’hôpital public a permis à la France de se doter de structures sanitaires performantes entre 1958 et 1985. Mais, avec le ralentissement de la croissance consécutive aux chocs pétroliers, les coûts croissants de la recherche médicale et le creusement des déficits des régimes sociaux, les pouvoirs publics ont utilisé, successivement ou concomitamment, différents outils pour encadrer la dynamique accélérée des dépenses d’hospitalisation et réformer les modes de financement des établissements hospitaliers publics et privés. »(article complet ICI)

Les chocs pétroliers n’ont que peu de chose à voir avec l’encadrement de la « dynamique accélérée des dépenses d’hospitalisation ». Le premier choc n’a-t-il pas eu lieu en 1974 ? Il s’agit surtout et essentiellement du « creusement des déficits des régimes sociaux » par la réduction des recettes. L’hôpital s’immerge lentement dans l’économie libérale, libre échangiste, mondialiste.

Le financement de l’hôpital 

Les ressources de l’hôpital reposaient essentiellement et depuis 1945 sur un prix de journée. Plus l’hôpital accueillait de malades, plus son budget devenait important. Les effets pervers du système apparaissent lentement. Les séjours des patients sont artificiellement allongés dans les périodes creuses pour augmenter les ressources. L’indicateur de l’époque est le taux de remplissage des unités de soins.

Au regard de l’inflation des dépenses hospitalières, le système sera abandonné en 1983 par l’instauration d’un budget global. Il évoluera en fonction d’un taux fixé nationalement. Il ne tiendra aucun compte, ni du nombre de journée, ni de l’activité, ni du type d’établissement, ni des contraintes géographiques qui peuvent engendrer des surcoûts importants. En 1991, c’est l’instauration d’un schéma régional d’organisation sanitaire piloté par la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS). En 1996, c’est la mise en place d’un Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie (l’ONDAM) qui fixe de manière unilatérale l’évolution des dépenses de la sécurité sociale pour l’année qui vient, dont celles de l’hôpital.

Alors que la décentralisation se met en place dans les autres secteurs d’activité, l’hôpital s’en remet de plus en plus aux directives d’un pouvoir central.

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Prochain article: « Hôpital: les coulisses de la tarification à l’activité« 


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Table des matières

Première partie ; L’hôpital, cette entreprise disloquée !

Chapitre 1 : Un cocktail à la sauce financière.

Chapitre 2 ; vous avez dit ressources humaines

  • 1.2.1- Le management sans ménagement.
  • 1.2.2- Le cadre, ce manager hospitalier.
  • 1.2.3- Le dialogue social en panne.

Chapitre 3 : le temps de travailler

  • 1.3.1- Le temps de travail malmené !
  • 1.3.2- Les 35 heures approximatives.
  • 1.3.3- Le travail à crédit.
  • 1.3.4- Le temps de travail est un enjeu économique.

Deuxième partie..Des témoins, des causes et des espérances.

Chapitre 1: témoignages

  • 2.1.1- Le témoignage des hospitaliers.
  • Silence hôpital.
  • A l’entrée, le concierge : médiateur ou gladiateur ? 
  • Un petit tour par les urgences rurales.
  • A la rencontre d’une équipe débordée.
  • La journée de Rosa, infirmière,
  • une Infirmière comme les autres.
  • visite du « Centre 15 ».
  • Radiographie d’une manipulatrice.
  • Quand les cadres s’éveillent !
  • Richard un directeur gentil

Chapitre 2 ; causes et conséquences

  • Et comme si cela ne suffisait pas !     
  • L’évaluation détournée 
  • La fin de la notation : une duperie éhontée !
  • Vive le contrat d’objectif individualisé !
  • Un contrat broyeur d’hommes.

Chapitre 3 ;

  • Les « nains jaunes ».
  • Une rencontre surprenante.

Chapitre 4 ; Des espérances

  • Osons des réponses.
  • Engager le débat sur la santé publique.
  • Pour  la prévention.
  • Pour un hôpital rassemble.
  • Pour de nouvelles infirmières :
  • Pour préserver les personnels.
  • Pour un dialogue social  apaisé.

Conclusion.

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