Après les « Super-héros », voilà le « Super U »

La Cacima voulait que nous devenions des « super-héros » en favorisant les commerces locaux. La Collectivité a donné 400 000 € de bons d’achat pour maintenir l’activité des commerces de proximité.

Puis, le Commerce Marcel Dagord décide de s’allier au groupe « Super U » pour privilégier ses approvisionnements dans un mode plus coopératif. C’est aussi une bonne chose. Mais !

Rappelons-nous les explications du prix des yaourts par le commerçant lui-même :

Aujourd’hui, les 12 yaourts de « Super U » sont affichés à 1,60 € au départ de la métropole et 17,99 € à l’arrivée pour le client Saint-Pierrais. Donc, quelle sera la baisse sur le prix des yaourts à Saint-Pierre ?

Baisser les prix à Saint-Pierre-et-Miquelon peut s’apparenter à la recherche du monstre dans le lac du loch Ness en Écosse. Une légende régulièrement entretenue pour attirer les touristes. Ici, la légende est entretenue par l’Observatoire des prix, des Marges et des Revenus (OPMR). Un machin qui démontre à chaque réunion son inutilité, tout au moins en terme de résultat et de proposition.

Combien d’intermédiaires entre l’achat d’un produit et le prix de vente au client ? Quelle est la marge de chacun ? le coût du transport ? L’Observatoire observe ! Le client paie toutes les additions.

Ici, l’équation est assez simple et connue de tous. Il n’y a pas assez de clients pour obtenir des volumes d’achats susceptibles de négocier des marges. Le coût du transport est excessif ! Les intermédiaires sont en surnombre. La fluctuation du cours du dollar canadien pèse sur près de 50 % des achats.

En réalité, sur quel item est-il possible de jouer ? Augmenter le nombre d’habitants ? Pour que cela puisse influer positivement sur la vie économique de l’archipel, il conviendrait d’accueillir un minimum de 500 à 700 familles ! Mais pour quoi faire ? Les loger où ? Si l’équilibre économique peut être obtenu, l’équilibre social sera-t-il au rendez-vous ? Rappelons que la surface de l’archipel n’est pas extensible !

C’est pourquoi, à défaut de pouvoir influer sur les prix, il faut garantir le pouvoir d’acheter des moins bien lotis. Par exemple, accorder 500 € de plus par mois à 1 000 habitants coûterait 6 millions par an ! Utopique ? Entre l’État et la Sécurité sociale, la métropole injecte 160 millions par an dans l’archipel. Six millions, c’est moins de 4% de plus qu’en ce moment. Rappelons que dans le cadre du plan de relance du Gouvernement pour l’Outre-mer, nos élites locales ont demandé 400 millions au père Noël ! (Voir ICI) et quasiment rien pour le social.

Les grands travaux, c’est bien ! Les fins de mois, ce n’est pas terrible pour beaucoup trop de personnes. Il serait temps de prendre des initiatives pour enrayer le rythme des départs.

Super héros ? Super U ? S’il n’y a que ça, …

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2 commentaires

  1. On parle beaucoup de la démolition de nos anciens bâtiments, et beaucoup moins de nos entrepreneurs et institutions locaux qui cèdent progressivement le contrôle de leurs opérations à des acteurs hors du territoire : CEPAC, APIVIA, Pêcheurs du Nord, et maintenant chez Dagord…

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    1. On ne peut pas reprocher à nos acteurs locaux de s’appuyer sur des structures nationales pour améliorer leurs prestations ou services. S’ils doivent se limiter à la seule dimension du territoire, pour moins de 6000 habitants, c’est une mort plus rapide. Regardez les subventions de l’État et de la Sécurité sociale pour exemple ! Si les charges sociales et des services publics ne devaient reposer que sur les résidents de Saint-Pierre et de Miquelon, il faudrait au minimum doubler les cotisations sociales et les impôts. La continuité territoriale oblige a certains rapprochements de bon sens.

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