Le plan de relance social pour Saint-Pierre-et-Miquelon

Cette crise sanitaire a le mérite de mettre l’accent sur les choses essentielles qui organise l’existence de la vie de chacun. Tout le monde s’est plu à reconnaître que les gens qui ne sont rien, sont en fait au cœur du fonctionnement de notre vie en société. Les personnels de santé bien entendu, mais aussi les employés des commerces, les agents des services publics, les pêcheurs, les personnels de l’éducation nationale, les aides à la personne, les artisans, sans oublier les artistes, les musiciens, les acteurs qui embellissent les moments de solitude et enrichissent notre quotidien.

À Saint-Pierre-et-Miquelon comme en France, nombreux sont ceux qui reconnaissent la nécessité de réaliser un plan de relance. Oui, bien sûr. Mais dans quelle direction ? Pour qui ? Pour quoi ? Qu’est-ce qui est essentiel ? Des quais de croisières pour accueillir pendant 3 mois des touristes de passages ? Un vrai port à Miquelon qui fait tant défaut ? Ces deux simples interrogations sont l’exemple type du dilemme qui se pose aujourd’hui entre le confort et le nécessaire. Un quai utilisé quelques semaines ou un port utile toute l’année ?

C’est bien aux élus de répondre à ce type d’interrogation. Ce sont des choix politiques !

Et le social dans tout ça ?

Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est un archipel ou la majorité des habitants vivent bien. Un revenu moyen tout à fait confortable qui permet de détenir le record du nombre de voitures et de bateaux par personne. C’est aussi le record en France des dons versés au Téléthon par habitant. C’est aussi un niveau d’épargne impressionnant avec plus de 200 millions d’euros sur les divers comptes épargnes.

Mais Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est aussi un terrain d’inégalité sociale ou le coût de la vie pèse encore plus lourdement sur les moins riches pour ne pas dire les pauvres.

Lorsque le revenu mensuel s’élève à 1 000 euros et que le loyer est de 600 euros, ce sont 60 % des revenus qui servent au logement et il ne reste que 400 euros pour vivre. Lorsqu’on gagne 4 000 euros avec un loyer de 1 000 euros, ce dernier ne représente plus que 25 % des revenus et il reste 3 000 euros pour vivre.

Peut-on vivre dans l’archipel avec 1 000 euros par mois ? La réponse est clairement non ! Une personne récemment arrivée dans l’archipel a fait la démonstration chiffrée que le SMIC ici représentait l’équivalent du RSA en métropole ! (voir article ICI)

Alors, si plan de relance il doit y avoir, il conviendrait qu’il soit avant tout social. C’est l’invitation que j’ai lancé le 3 septembre aux acteurs locaux de l’archipel : député, sénateur, président du CT, maire de Saint-Pierre, Président de la Cacima, président du Medef et les unions syndicales FO et CFDT. Pour le moment, seul le préfet, à qui j’ai envoyé le courrier pour information, m’a aimablement remercié de cet envoi.


Quel plan de relance dans l’archipel avec quels moyens ?

Je ne vais pas déployer ici le contenu détaillé de ce plan qui est le produit de réflexions avec quelques membres du « Collectif bien vivre 975 » et autres personnes de l’archipel intéressées par les questions sociales. Il s’agit, ci-dessous, de décliner les objectifs et les moyens de les atteindre.

Les objectifs :

  1. Encourager l’indépendance alimentaire,
  2. Accorder à chaque salarié un revenu minimum de 2000 euros nets mensuels,
  3. Donner à chaque habitant de l’archipel (hors étudiants) un revenu mensuel minimum de 1500 euros (RSA, handicapés, retraités, indépendants, etc.),
  4. Réduire le coût des loyers,
  5. Réduire de moitié le coût du transport aérien.

Les moyens pour les atteindre

Pour réaliser l’ensemble des objectifs ci-dessus, le coût annuel final serait d’environ 15 millions d’euros. Cela peut paraître beaucoup, mais dans les faits, cela ne représente pour l’État que 1,3 % de plus que ce qu’il a versé en 2018 ( +1,6 M€). De plus, la montée en charge peut s’étaler sur deux ou trois ans.

Extrait de la lettre adressée aux acteurs locaux:

Ces pistes permettent de donner à chaque habitant de l’archipel les conditions d’existence nécessaires à un bien vivre à Saint-Pierre-et-Miquelon et donc, d’attirer des vocations, de nouveaux projets, une relance de la consommation locale, de nouveaux habitants et par extension, une nouvelle dynamique.

Une démocratie plus participative nécessite que toutes les pistes de réflexions soient étudiées et traitées en caractère de faisabilité, d’où qu’elles viennent. Tout le monde est légitime à proposer des réflexions, y compris de simples citoyens comme vous et moi. C’est aux élus locaux et à l’État d’accepter ou de refuser le débat. Les invitations sont lancées.


En plus des éventuels commentaires à rédiger ci-dessous

Votre avis m’intéresse :

Vous pouvez me l’adresser en cliquant ICI, j’en suis le seul destinataire.

2 commentaires

  1. Tout est dit monsieur Garnier, tout vos articles reflètent parfaitement la société actuelle.
    Malheureusement comme vous le dites bien il y à beaucoup d’argent et de privilège à Saint Pierre et il sera très difficile voir impossible selon moi de changer ce « monde ». Les gens pensent surtout aux prochaines vacances et au retour des beaux jours. C’est très pessimiste c’est vrai, la seule chose réconfortante c’est tout de même que des gens comme vous éclairent le débat démocratique.

    J'aime

    1. Je vous remercie. Je ne partage pas votre pessimisme même si je note effectivement un certain désintérêt pour la chose commune. Peu de choses s’expriment dans l’archipel, c’est un fait. En ce qui me concerne, et contrairement à beaucoup d’autres qui souhaiteraient dire des choses , je suis libre de le faire. Les réflexions de cet article sont le produit d’échanges avec d’autres et les propositions ne connaissent à ce jour aucune opposition, si ce n’est l’immobilisme des acteurs locaux pour la cause sociale.
      Comme vient de le publier le journaliste Frédéric Dotte sur sa page facebook, « selon le scénario « no change » des démographes des Nations Unies (même natalité, même mortalité, même immigration), l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon aura perdu un tiers de sa population dans 50 ans, et la moitié à la fin du siècle. Alors si les gens vivent pour eux aujourd’hui, ils en oublient leurs enfants qui trouveront l’herbe plus verte ailleurs.

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