À l’adresse du personnel soignant du CHFD !

Je viens de lire sur la page Facebook de la CFDT du CHFD, qu’une consultation était lancée pour recueillir l’avis des personnels sur une nouvelle organisation du travail au sein des équipes soignantes du CHFD. Mon implication dans les organisations du travail résultant d’un protocole d’accord signé en 2013, et mis en œuvre à partir de 2014 par le ministère de la Santé, m’autorise cette incise dans le débat interne au CHFD.(le récit de la négociation 2013)

Rappel des accords validés :

En 2013, le planning des soignants s’étalait sur 12 jours de travail en 6 h 10 suivis de deux jours de repos.

Le protocole signé a porté cette organisation à sept heures quotidiennes et quatre jours de repos pour deux semaines, dont, un WE de repos sur deux, en conservant les 12 heures de nuit, payées 10 heures + 2 heures supplémentaires.

Le nombre d’agents nécessaires était fixé pour chaque unité de travail et de compétence professionnelle.

Enfin, après plus d’un an de discussions, le cycle de travail de jour sur 8 semaines a été validé sur la base du tableau ci-dessous, et ce, pour tous les agents qui travaillent en équipe de jour (Infirmiers, Aides-soignants, ASHQ). Quatre jours maximum de travail consécutifs, un WE de repos sur deux et un WE de 3 jours toutes les 8 semaines par intégration de jours fériés. Une semaine de 28 heures et une semaine de 42 heures.

Ce qui n’a pas fonctionné !

Les directions successives n’ont pas mis en œuvre cette organisation pour l’ensemble des agents.

  • Le pool nécessaire pour le remplacement des agents n’a pas été créé.
  • Le cycle de travail retenu ci-dessus, n’a été appliqué qu’à une minorité de personnel.
  • Les agents contractuels et certains titulaires, ont des organisations du travail chaotiques ; de matin en 7 h, de soir, des jours de 13 heures, des nuits, etc, et ce, sans respecter les règles de repos minimum entre deux journées de travail et les quatre jours de repos obligatoires pour deux semaines travaillées.
  • Les deux WE de repos pour quatre semaines ne sont accordés qu’à une partie des agents.

Dans les faits, aucune cohérence dans une organisation du travail qui voit des professionnels, de même grade et du même service, travailler sur des rythmes différents ! Ce désordre créait de l’insatisfaction parmi les agents, des surcharges de travail importantes et donc, des arrêts de travail… qui sont de moins en moins remplacés. De là, tout part en vrille ! Pas de remplacement, fatigue excessive, arrêt de travail ; pas de remplacement, surcharge de travail, arrêt de travail ; etc…

Les services tiennent encore, mais pour combien de temps ?

(Note pour les cadres : ce lien vous intéresse :

https://www.facebook.com/reel/1019426030426963)

Et maintenant ?

Sans poser de diagnostic, sans mettre en œuvre des cycles de travail identiques pour toutes les équipes de jour, sans assurer les remplacements nécessaires au bon fonctionnement des services, aucune solution ne saura compenser cette désorganisation du travail.

Les propositions de la direction, relayées par la CFDT :

  • 1- rester sur 7 h par jour, mais ramener la nuit de 12 h à 10 heures (+ 1 h).
  • 2- établir un rythme de 7 h 30 de jour et 10 heures de nuit.
  • 3- proposer les 12 heures jours et nuits.

Sans entrer dans le détail, quelques réflexions.

C’est ce qui s’appelle, « mettre la charrue avant les bœufs » !

Sept heures ? ; 7 h 30 avec 15 RTT ? ; 8 h avec 20 RTT ? ; 12 heures ?

La durée quotidienne ne devrait pas être le préalable ! Avant de changer quoi que ce soit, il conviendrait d’accorder un cycle de travail identique à tous les agents, qu’ils soient contractuels ou titulaires. Si cela n’est pas le préalable, alors le changement de la durée quotidienne ne changera rien, peut-être même entrainera-t-elle d’autres dysfonctionnements.

Alors une consultation du personnel sur quoi ? pour quoi ?

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Pour info :

1- À l’adresse de celles et ceux qui travaillent de nuit et en 12 heures.

« Hier, je voulais travailler de nuit toute ma carrière. Aujourd’hui, j’ai un cancer du sein » :

Après 25 ans de nuits à l’hôpital de Martigues, le cancer du sein dont souffre une infirmière a été reconnu comme maladie professionnelle. Le tribunal administratif a annulé la décision du directeur de l’établissement, qui refusait cette reconnaissance.

https://www.infirmiers.com/droit-et-pratique/cancer-du-sein-une-infirmiere-voit-reconnaitre-sa-maladie-professionnelle

Aujourd’hui, je suis jeune, je veux travailler en 12 heures. Demain…

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