La « Macronie » est un risque psychosocial majeur pour la fonction publique !

Le gouvernement veut supprimer 120 000 postes dans la Fonction Publique, précariser les emplois, imposer un salaire au mérite. En même temps, Edouard Philippe demande un nouveau rapport sur la santé au travail et insiste en premier sur la nécessité de s’attaquer aux risques psychosociaux (RPS), pour lesquels « les plans d’action en prévention primaire s’avèrent insuffisants ».

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C’est à se demander si ces gens-là sont connectés à leurs propres réalités. (?) Faites ce que je dis ne faites pas ce que je fais ! La communication connaît ici ses limites !

Les risques psychosociaux ont fait l’objet de nombreux rapports dont un qui fait consensus et qui expose les 6 dimensions qui les composent. (Rapport Gollac)

C’est sur cette base qu’un protocole d’accord a été signé avec les syndicats dans la fonction publique après de longues négociations. (Le protocole du 23 octobre 2013)

Extrait :

« Axe 1 Mise en œuvre des plans de prévention des risques psychosociaux

« Le présent accord-cadre porte sur la prévention des RPS, identifiés comme l’un des risques professionnels majeurs auxquels sont exposés les agents.

Les signataires du présent accord s’appuient sur le rapport du collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail (Gollac et Bodier) en date du 11 avril 2011 qui définit les risques psychosociaux comme « les risques pour la santé mentale, physique ou sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental ».

Le collège d’expertise a retenu six dimensions de risques à caractère psychosocial :

  1. Les exigences et l’intensité du travail ;
  2. Les exigences émotionnelles ;
  3. Le manque d’autonomie et de marges de manœuvre ;
  4. La mauvaise qualité des rapports sociaux et des relations de travail ;
  5. Les conflits de valeur ;
  6. L’insécurité de la situation de travail.

Les risques psychosociaux sont à l’origine de troubles sur le plan psychologique, physique et social avec un impact prévisible plus ou moins grave sur le plan physique pour les agents : fatigue, troubles du sommeil, maladies psychiques, dépression, TMS, maladies cardiovasculaires… Dans le service public concerné, ces troubles peuvent se traduire par du désengagement au travail, un absentéisme accru, des conflits entre les personnes.

Par ailleurs, les signataires appellent les employeurs publics à la vigilance dans l’anticipation de l’évolution des organisations, en particulier les réorganisations. Une politique efficace de prévention des risques professionnels suppose que la dimension conditions de travail soit intégrée le plus en amont possible dans toutes les fonctions et les actes de gestion à tous les niveaux de responsabilité.

Cet engagement doit se traduire par la prise en compte des conséquences sur les conditions du travail et son organisation dans l’ensemble des politiques conduites au niveau d’une direction : construction ou aménagement des locaux, modes de gestion, réorganisations et restructurations de services, évolution substantielle des missions.

Les employeurs publics doivent également s’assurer de l’adéquation entre les moyens et les missions. Le plan national d’action pour la prévention des risques psychosociaux dans la fonction publique engage chaque employeur public dont la responsabilité est de prévenir ce type de risque, au même titre que l’ensemble des autres risques professionnels.

La prévention des risques psychosociaux nécessite une approche qui prenne en compte le travail réel, s’appuyant sur le vécu des acteurs et l’analyse des prescriptions dans le cadre de l’organisation du travail dans les services concernés et prenant en considération les spécificités de chaque unité de travail. Elle implique que les agents soient effectivement associés à cette démarche de prévention sur leur lieu de travail comme au travers de leurs représentants dans les CHSCT. »

ETC. Pour le CHSCT c’est râpé il va aussi le supprimer !

La « macronie » en rajoute et devient un danger grave et imminent !

Deux ans de négociations, des dizaines de réunions d’échanges pour négocier mot à mot les termes de cet accord, dont l’extrait ci-dessus. Et voilà qu’Edouard Philippe 1er arrive du nouveau monde avec son équipe pour dire qu’il faut s’attaquer aux risques psychosociaux ! La macronie devient un danger grave et imminent, un risque psychosocial majeur pour la fonction publique !

  • En réduisant le nombre de fonctionnaires, la macronie intensifie le travail,
  • En mettant en place le salaire au mérite, la macronie augmente les contraintes émotionnelles et réduit l’autonomie et les marges de manœuvres des fonctionnaires dans leur quotidien.
  • En mettant les fonctionnaires en concurrence, la macronie intensifie les mauvais rapports sociaux au sein des collectifs de travail.
  • En précarisation les emplois, la macronie place les agents de la fonction publique dans une situation d’insécurité de travail.

La macronie fait l’inverse de ce qu’il faut faire pour réduire les risques psychosociaux !

En fait de grand débat, toutes les organisations syndicales représentatives de la Fonction publique ont voté contre ce projet de loi lors de sa présentation au Conseil Commun de la Fonction publique le 15 mars dernier. La communication du gouvernement est insolente et ça va mal finir !

Complètement sourde, guidée par les seuls intérêts des financeurs de campagnes électorales,

La « Macronie » est une menace grave contre une République de liberté, d’égalité et de fraternité.