Quand les fainéants s’abstiennent, l’espérance demande un effort.

Les élections présidentielles et législatives 2022, attestent du désintérêt de la chose publique pour au moins 50 % de la population. Ils ne s’en sortiront pas comme ça ! Comprendre la situation pour exercer sa liberté de choix demande des efforts. Si vos enfants, vos amis, ne font pas l’effort de lire, ils resteront bercés par les sirènes du néolibéralisme et soumis à l’envie des tout-puissants.

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C’est ainsi que la météo, l’apéro, un bon barbecue, deviennent plus importants que l’âge de la retraite, ou bien encore de la fin du mois, sans parler de l’avenir de notre planète dont le sinistre n’est programmé que pour les générations futures. S’il est excellent de se détendre, de prendre du plaisir à la vie, il l’est encore plus, me semble-t-il, de porter son intérêt au-delà de sa propre personne et de l’instant qui passe.

Disons-le clairement, en dehors du succès de leurs études qu’ils vont pouvoir vanter, (ou pas), du 24 décembre et des insolents anniversaires, l’avenir de leurs enfants ne présente aucun intérêt !

Je serais incomplet si je n’ajoutais pas à ce constat, la dégénérescence de la classe politique dont il devient extrêmement difficile de trier le bon grain de l’ivraie.

Ces réalités sont le fruit de la paresse. Pour comprendre, il faut le vouloir. Vous ne vous en sortirez pas comme ça ! Si le citoyen ne fait pas l’effort de lire, il restera bercé par les sirènes du néolibéralisme et soumis à l’envie des tout-puissants.

À cet effet et si vous espérez un monde meilleur, je vous confie un court extrait d’une lecture qui forge encore mes espérances.

« Selon John Maynard Keynes, « il faut distinguer deux catégories des besoins de l’être humain : les besoins qui ont un caractère absolu en ce sens que nous les éprouvons quelle que soit la situation de nos semblables, et ceux qui possèdent un caractère relatif lorsque leur assouvissement nous place au-dessus de nos semblables où nous donne l’impression de leur être supérieur. Les besoins de cette seconde catégorie, ceux qui correspondent à un désir de supériorité, sont peut-être tout à fait insatiables. » [1]

Ce grand économiste espérait dans l’évolution de l’homme et de ses besoins.

« Quand l’accumulation de la richesse ne sera plus d’une grande importance sociale, de profondes modifications se produiront dans notre système de moralité. Bien entendu, il y aura encore bien des gens dotés « d’intentionnalité » puissante et inassouvie, qui poursuivront aveuglément la richesse, à moins qu’ils ne sachent trouver un substitut acceptable. Mais nous ne serons plus obligés de les applaudir et de les encourager ». (Les abstentionnistes entre autres !)

Il se réjouit de voir se réaliser, dans un avenir pas si lointain, « le plus grand changement dans les conditions matérielles de la vie des êtres humains qui se fera graduellement, et non pas en un bouleversement soudain. Le cours de l’évolution tiendra simplement en ce que les classes sociales toujours plus larges et des groupes humains toujours plus nombreux seront délivrés pratiquement de la nécessité économique ». Il estime que la vitesse à laquelle nous pourrons atteindre notre destination de félicité économique « dépendra en partie de notre consentement à nous en remettre à la science pour diriger toutes les affaires qui sont proprement du ressort de la science et le taux d’accumulation tel que le fixera la marge entre notre production et notre consommation ».
Il pense qu’un siècle sera nécessaire pour nous mener à la lumière du jour ».

C’était en 1930 ! Nous y sommes presque. »

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Ce n’est certainement pas aussi agréable à lire que les poèmes d’Arthur Rimbaud. C’est extrait de mon livre « Libérez-vous : L’économie contre le monde du travail ». (2011). Si vous souhaitez comprendre le monde économique qui gère nos vies, je vous en recommande la lecture. Il figure à la librairie de Science-Po.

Donc, 1930 + cent ans = 2030 !

J’avais espéré que ces élections de 2022, avec cette nouvelle alliance de la gauche sur 650 propositions, pouvaient entamer cette transition graduelle, mais John Maynard Keynes a sans doute raison. Il nous faudra encore patienter quelques années, « pour que les classes sociales toujours plus larges et des groupes humains toujours plus nombreux soient délivrés pratiquement de la nécessité économique ».

À cette compréhension du monde, je consacrerai encore du temps.


[1] Dans The Nation and Athenaeum, 11 octobre 1930

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Quelques conseils de lectures :

En partant de l’exemple italien et des ressorts du phénomène Berlusconi pour élargir l’analyse au continent dans son ensemble, il attribue le recul et la décomposition des idéaux de gauche principalement à l’essor rapide d’une « droite nouvelle », lié aux transformations actuelles de la société et à sa culture de masse. La société nouvelle, globalisée, est en effet dominée par ce que Tocqueville aurait pu appeler le « Monstre doux », le modèle tentaculaire et diffus d’une culture puissamment attirante, au visage à la fois souriant et sinistre, qui promet satisfaction et bien-être à tous en s’assurant de l’endormissement des consciences par la possession et la consommation tout en entretenant la confusion entre fiction et réalité.

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 » La vitesse à laquelle nous pourrons atteindre notre destination de félicité économique dépendra de quatre facteurs : notre capacité à contrôler le chiffre de la population, notre volonté d’éviter les guerres et les discordes civiles, notre consentement à nous en remettre à la science pour diriger toutes les affaires qui sont proprement du ressort de la science, et le taux d’accumulation tel que le fixera la marge entre notre production et notre consommation…

Mais, surtout, ne nous exagérons pas l’importance du problème économique, ne sacrifions pas à ses nécessités supposées d’autres affaires d’une portée plus grande et plus permanente. Ce problème devrait rester une affaire de spécialistes, tout comme la dentisterie. Si les économistes pouvaient parvenir à se faire considérer comme des gens humbles et compétents, sur le même pied que les dentistes, ce serait merveilleux ! « 

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Des Etats-Unis à la France en passant par l’Italie et le Royaume-Uni, partout les cadeaux fiscaux en faveur des plus riches se multiplient au même rythme que les coupes budgétaires pour les plus pauvres. Une minorité d’individus, s’accaparant déjà une importante partie des richesses, semble tout mettre en œuvre pour en récupérer encore plus. De l’autre côté, la majorité de la population subit la dégradation des services publics, les fins de mois difficiles, la précarité et le manque d’espérance.
Des gilets jaunes aux banlieusards en passant par les cadres et les agriculteurs, cette majorité délaissée est multiple, et sa division est largement instrumentalisée par la minorité dominante et les partis politiques qui veulent s’assurer une base électorale. La lutte des classes a laissé place à une lutte entre pauvres. Et le système, intrinsèquement inégalitaire et destructeur pour la planète, ne tient qu’à ces dissensions.
Pour sortir de l’impasse, il faut que les différentes catégories que forment « les délaissés » se constituent en une classe majoritaire à même de soutenir une lutte commune : celle d’en finir avec le modèle économique actuel pour proposer un autre projet répondant aux urgences sociale et écologique.

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Le renom d’Étienne de La Boétie, ami de Montaigne, s’attache à un écrit composé «à l’honneur de la liberté, contre les tyrans». Comment expliquer qu’un peuple entier puisse ployer sous le joug d’un seul homme sans force ni prestige? À cette question, l’auteur répond que la servitude est volontaire ; ce sont les peuples qui, en acceptant de se soumettre, contreviennent à ce qu’il y a de plus profond dans la nature humaine : la liberté. Pourtant – et c’est là tout le scandale dénoncé par l’auteur -, rien de plus simple que s’affranchir du tyran. «Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres», affirme-t-il. Interrogeant les ressorts secrets de la domination, La Boétie construit une œuvre majeure pour l’histoire de la pensée politique.

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« Tous les secteurs, tous les salariés sont frappés de plein fouet par le chômage, la précarité, le tassement du salaire, et aujourd’hui plus qu’hier, par des maux nouveaux qui sont identifiés sous le vocable de risques psychosociaux. » Lors d’une conférence sur l’économie au siège de la Confédération FO, une constatation s’impose à l’auteur : la plupart des maux du travail sont la conséquence de choix économiques. Libérez-vous ! est un livre militant avec de nombreuses références qui permettent aisément de décrypter les enjeux économiques et sociaux actuels et à venir.

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