Mon dernier livre : « Course lente en Pyrénées »

L’écriture d’un livre est toujours une aventure. J’avais gribouillé les premières lignes en 2008. Toujours en activité, appliqué à la rédaction, le fil des mots, s’écoulait sur plusieurs pages. J’étais assez content de moi au point de confier ce premier chapitre à mon ami… mon philosophe. Pour lui, la flatterie est inutile. Elle encourage la paresse de l’esprit et la médiocrité du travail. Pour le meilleur, il faut être exigeant et pour ses amis encore plus. C’est ce qu’il fit dans son retour et je ne fus pas déçu ! je vous en confie quelques extraits.

Une relecture amicale :

Mes premières lignes :

D’abord le titre que j’avais choisi : « La lente course ». Il me répond : « pour La Lente Course, que je trouve un peu emphatique, je te propose Course Lente, qui est plus carrément surprenant, plus paradoxal. » J’accepte ! C’est tellement juste. Le titre sera donc « Une course lente ».

Les premières phrases font l’objet d’une correction sans détours, au point non seulement de calmer mon enthousiasme, mais de comprendre que d’écrivain, je n’étais point. Je m’étais appliqué. Je pensais être bon. La réalité fut un retour du sommet que je n’avais pas atteint.

Photo Denis Garnier – Cirque de Gavarnie

Quelques exemples : (en italique, ses commentaires)

  • La déchirante vibration du réveil m’arrache de mon sommeil profond. Je me retrouve assis, sur mon lit, les yeux encore fermés, comme si je voulais gagner quelques secondes de ce plaisir délicieux (plaisir délicieux, c’est comme Saint Honoré avec de la crème Chantilly. C’est trop d’un mot, et peut-être de deux.)
  • … journée qui s’annonce. (Les journées s’annoncent assez souvent, ces derniers temps. L’as-tu remarqué ?
  • … Peu à peu, autour de moi, les draps frémissent, la tête de mon frère sort lentement de ce lit (Ce lit est-il donc si particulier que tu doives le désigner ? Ce lit-là, et pas un autre ? C’est le lit, c’est un lit, il grince, voilà tout)
  • … Le bonjour est lancé, suivi de la délicate attention s’inquiétant de la bonne nuit que j’aurai passée. (que j’aurais passée, style indirect, mais tellement indirect qu’il n’arrive pas à destination)
  • … la lourde porte (Si la porte est lourde, il faut le faire sentir, mais pas la nommer. Ce peut être son bruit, l’épaisseur de sa tranche, les ferrures et les pentures, à toi de faire. Ne demande pas à la porte, qui est lourde, mais qui n’y peut rien, de faire le travail narratif à ta place. Lourde ne suffira pas à exprimer ce que tu ressens de sa lourdeur. D’une manière générale, évite les qualifications toutes faites.
  • … Quatre heures ! Ce n’est pas mon ordinaire. C’est une invitation fracassante (Fracassante est un mot qui a son poids. Es-tu en petits morceaux, fracassé, à cause du réveil ? Ou bien le réveil est-il tombé du tabouret, en faisant un fracas, et s’est-il brisé ?
  • … Mon frère et moi nous nous attachons à préparer (S’attacher à préparer le petit déjeuner” c’est aussi descriptif que de préparer un captif sur un poteau, avant d’en faire son petit déjeuner/. Écrire, c’est choisir sans arrêt entre l’improbable et le trop probable. Ce que tu veux décrire est très difficile. Essaye-donc de te représenter des gestes et des objets concrets, en les qualifiant le moins possible. Et en les concrétisant le plus possible. Je sais bien que l’adjectif qualificatif et l’adverbe remplacent avantageusement la métaphore.  Ou même la comparaison. Mais il faut que tu donnes à voir à ton lecteur, plutôt que de lui fournir de quoi juger.)
Photo Denis Garnier -Vu du Vignemale du sommet de La Tour

Etc.

En conclusion, il m’écrit ceci : « Cela dit, je me moque trop facilement de tous ces défauts que tu corrigeras peu à peu. Mais c’est très difficile, de raconter ce genre de chose. Lis donc Flaubert, après Rousseau et Balzac. Et Jack London. Courage ».

Je n’étais vraiment pas au point. Alors j’ai lu. Mes activités professionnelles m’ont conduit à l’écriture de mes deux premiers livres trois ans plus tard, en 2011. Puis un recueil d’articles en 2014. Enfin, comme un roman, me dit-on, j’ai rapporté la même année, le récit sur ma dernière mission à Saint-Pierre-et-Miquelon effectuée en 2013.

Photo Denis Garnier – Le gave d’Estaubé

Depuis, j’ai lu, Jack London, Steinbeck, Stevenson, Rousseau, La Boétie, Camus, Hermann Hesse, Thomas Mann, Proust, Stendhal, Victor Hugo, Sylvain Tesson, Simenon, Giono, etc.

Au bout d’un an de travail, d’écriture, de réécriture et de corrections participatives, les 148 pages de « Course lente en Pyrénées » sont enfin publiées.

Photo Denis Garnier – La brèche de Roland- Gavarnie

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Photo Denis Garnier- L’éperon Clos

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Pour parfaire les corrections et quelques erreurs dans le texte, j’ai confié la relecture finale à Caroline Dujardin qui est éditrice à Saint-Pierre-et-Miquelon, là où je vis.

Son message, publié sur LinkedIn dès la publication du livre, m’a plu dans la mesure où la lecture du récit lui donne l’envie de découvrir ces paysages et cette ambiance des Pyrénées.

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