Mais qui est Volodymyr Zelensky ?

La population d’Ukraine dans son ensemble, qu’elle soit victime des Russes dans tout le pays ou victime des Ukrainiens au Donbass mérite tout notre soutien et notre aide. Les appels à dons se multiplient et c’est un minimum (ICI). Si l’on connaît le comportement irrationnel de Poutine largement décrit dans tous les médias occidentaux, celui du président Zelensky est dépeint en héros en raison de sa présence au cœur de sa population. Mais qui est le président de l’Ukraine ?

Avant d’être président, il était humoriste, producteur, acteur, scénariste, réalisateur. Il connaît donc parfaitement tous les rouages de la communication. Usant de tous les médias occidentaux, il apparaît comme le résistant courageux. Il est vrai qu’à sa place, beaucoup d’hommes politiques auraient pris la fuite et qu’à ce titre, il mérite bien le qualificatif de héros. Il reste aux côtés de son peuple bombardé pendant que les Français sont abandonnés par la France !

Ceci étant, je suis désolé de casser l’ambiance, mais lorsque tous les médias passent en boucle les mêmes informations accablantes, que les chaînes de télévision RT-France et Sputnik sont devenues interdites en Europe sous prétexte de propagande russe, cela mérite de fouiller d’un peu plus près la réalité.

En exemple et parmi tant d’autres, les médias occidentaux ont dû démentir deux informations qui tournaient en boucle pendant plusieurs jours démontrant la sauvagerie des Russes. Rappelez-vous.

L’Île aux serpents sur laquelle 82 soldats Ukrainiens ont été prisonniers par l’armée Russe.

La première, c’est le reportage selon lequel, des soldats ukrainiens auraient répondu au bateau russe qui les menaçait « allez vous faire foutre » avant d’être tous tués. « Ils sont morts en héros », a salué le chef de l’État ukrainien Volodymyr Zelensky, affirmant que les 13 soldats seraient décorés à titre posthume de la médaille de « héros d’Ukraine ».

En réalité, c’était une fausse nouvelle ! Les Russes ont démenti et après vérification, les médias français ont dû rétropédaler. Ce ne sont pas 13, mais 82 soldats ukrainiens vivants qui se sont rendus ! (Source)

La seconde ; ce fut l’indignation après une frappe russe près du site du massacre nazi de Babi Yar à Kiev. Cette attaque a été dénoncée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a appelé la communauté internationale à s’indigner. Dans un tweet s’adressant « au monde entier », il alerte : « À quoi ça sert de dire “plus jamais ça” pendant 80 ans, si le monde se tait quand une bombe tombe sur le même site de Babi Yar ? Au moins cinq personnes sont mortes. L’histoire se répète… »

Le monument, après le bombardement

Là encore, la presse française doit rétropédaler : Libération : « Présente ce mercredi matin sur place, la journaliste de l’AFP, Daphné Rousseau a publié deux photos des sculptures mémorielles encore intactes dédiées aux enfants morts et de la Menorah (le chandelier à sept branches) en hommage aux Juifs exécutés. La reporter constate : le mémorial lui-même, un parc situé à 1 kilomètre de la tour, est intact comme vous pouvez le voir. » (source)

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La guerre de l’information est ouverte.

La suppression de la chaîne RT France et Sputnik par l’Europe n’est pas un bon signe pour l’avenir de l’information plurielle ! Si la désinformation devait être censurée partout, que deviendrait la plupart des médias français ? Il y aurait d’un côté la vérité d’État et de l’autre des complotistes ? La France se perd dans cette Europe de la censure ! Le pluralisme de l’information est un gage de la démocratie, un pas vers l’analyse, vers la liberté d’agir en conscience. Avec un seul point de vue, que devient la liberté ? Heureusement, il existe encore des journalistes d’investigation et de terrain ainsi que des organismes internationaux qui publient. C’est du travail, mais pour y voir clair, c’est indispensable.

Venons-en maintenant au président actuel de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky.

Dans une page Facebook, j’ai été interloqué par le post suivant :

« Le président ukrainien Zelenskyy, est-il l’homme très honnête qui a combattu les nazis chez lui et qui n’a jamais trempé dans de sales affaires ? Questions incompréhensibles pour celles et ceux qui ne pas savent qu’il est mis en cause ; 1)- dans l’affaire des ‘Panama Papers’ ; 2)- que son gouvernement interdit le Parti communiste ukrainien ; 3)- intègre dans l’armée un régiment néo-fasciste ; 4)- vote en décembre 2021 à l’ONU contre un projet de restauration contre la glorification du nazisme. »

Compte tenu de tout ce qui précède, cela mérite d’être vérifié.

1- Corrompu dans l’affaire des « Panama papers » (1) :

« Les oligarques, les hauts fonctionnaires et les procureurs et juges corrompus continuent à se partager l’État, des milliards disparaissent à l’étranger ; l’Ukraine, à quelques exceptions près, a fait aussi peu de progrès dans la construction d’un État de droit que dans la lutte contre la corruption ». (source : rapport spécial de la Cour des comptes européenne (CCE) sur « la lutte contre la grande corruption en Ukraine » – septembre 2021).

Le 3 octobre 2021, Radio France International (RFI) et d’autres, révèlent qu’ « En 2019, Volodymyr Zelensky a été élu, après avoir incarné dans la série « Serviteur du peuple », un président fictif, incorruptible, luttant contre les oligarques et les forces de l’agent, rappelle notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan. Mais sur la base des Pandora Papers, les journalistes de Slidstvo Info, un média d’investigation ukrainien, ont prouvé que pendant des années, Zelensky et ses amis du Kvartal 95, sa société de production audiovisuelle, ont caché leur fortune dans une douzaine de sociétés-écrans, à Chypre, au Belize et aux Iles Vierges britanniques.« 

Des Russes, des Français, etc., sont aussi concernés par ce scandale d’évasion fiscale. L’enquête baptisée « Pandora Papers », à laquelle ont collaboré environ 600 journalistes, dans plus de 100 pays et territoires, avec quelque 100 médias partenaires, s’appuie sur quelque 11,9 millions de documents, qui proviennent de 14 sociétés de services financiers et a mis au jour plus de 29 000 sociétés offshore.

Sources complémentaires :

2- Il interdit le Parti communiste ? :

Ce n’est pas l’exacte réalité, car Volodymyr Zelensky, n’était pas encore président de l’Ukraine. C’est l’ancien président, Petro Porochenko, qui a fait voter en avril 2015, une série de lois dites « de décommunisation » qui ont interdit le Parti communiste, débaptisé les villes et rues qui portaient le nom d’anciens dirigeants soviétiques et proscrit la propagande des idéologies totalitaires.

En fait, le parti n’est pas formellement interdit : le ministère de la Justice peut simplement l’empêcher de concourir aux élections (Amnesty InternationalL’Humanité). En vertu de cette législation, la Commission électorale centrale d’Ukraine rejette la candidature du communiste Petro Symonenko à l’élection présidentielle de 2019.

Interdire une candidature aux élections présidentielles n’est pas forcément un signe de démocratie active. C’est ainsi que Volodymyr Zelensky accède à la présidence de l’Ukraine avec plus de 70 % des voix.

3 – A-t-il intégré dans l’armée, un régiment néo-fasciste ?

Ce n’est pas directement Zelinsky qui est à l’origine de cette intégration. Pour appréhender cet épisode et comprendre la haine des Russes actuels contre les nazis, il faut remonter au « pacte germano-soviétique », un pacte de non-agression d’une durée de 10 ans, signé le 23 août 1939, dans lequel l’Allemagne nazie et l’Union soviétique s’engageaient à ne pas s’attaquer mutuellement. Moins de deux ans après sa signature, ce pacte fut rompu le 22 juin 1941, par l’invasion de l’URSS par l’Allemagne du IIIe Reich. Cette opération, du nom de « Barbarossa », organise les premiers massacres systématiques de Juifs par les troupes d’intervention nazies. En Ukraine, mais pas que là, cette nostalgie néo-fasciste perdure depuis, sans réaction du pouvoir en place.

Le régiment néo-fascite (Le régiment Azov) est déjà intégré dans l’armée régulière ukrainienne quand Zelinsky arrive au pouvoir. Il faut noter que depuis, l’ancien leader de l’ultra droite ukrainienne, Andreï Parouby, dont l’emblème était un insigne nazi, a rejoint le gouvernement Zelensky. Il est devenu président de l’Assemblée. D’où le soupçon d’une certaine complaisance à l’égard des néo-fascistes que Vladimir Poutine surexploite pour justifier son agression.

« Le groupe Azov s’est fait un nom et une réputation auprès des nationalistes en réprimant les séparatistes armés dans l’est du pays en 2014, à Kharkiv d’abord, puis à Marioupol, le grand port de la mer d’Azov, palliant ici et là les défaillances d’une armée ukrainienne en pleine reconstruction. Il dispose aujourd’hui d’un régiment intégré à l’armée régulière, d’un parti politique (le Corps national) et des milices – « Droujini » – visant à maintenir l’ordre dans les rues du pays, quitte à agir dans la plus parfaite illégalité. » (La croix – 15 octobre 2018)

4- A-t-il voté contre, en décembre 2021 à l’ONU, une résolution qui s’oppose à la glorification du nazisme, du néonazisme ?

C’est vrai, mais c’était en novembre 2020. Le même vote a eu lieu en 2015 avant qu’il ne soit président.

« Par le projet de résolution intitulé « Lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme…» présenté par la Fédération de Russie et adopté par 122 voix pour, 2 voix contre (États-Unis et Ukraine) et 53 abstentions, l’Assemblée générale se déclarerait profondément préoccupée par la glorification du mouvement nazi, du néonazisme et des anciens membres de l’organisation, la Waffen-SS, et par le fait de déclarer que ces membres et ceux qui ont combattu la coalition antihitlérienne, collaboré avec le mouvement nazi et commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ont participé à des mouvements de libération nationale. »

La délégation d’Ukraine et des États-Unis, voteront contre ce projet de résolution en raison de ses formulations trompeuses. (sources : Nations Unies, 18 novembre 2020 – RT France : Les Etats-Unis, le Canada et l’Ukraine rejettent une résolution contre la glorification du nazisme – 21 nov. 2015

Alors qui est-il ?

En complément, il convient de visionner les deux vidéos ci-dessous, pour parfaire cette compréhension du conflit et notamment à travers la situation constatée au Donbass. Plus de 14 000 morts depuis 2014 qui méritent quelques minutes d’attention.

Les informations ci-dessus diffèrent nettement de l’image que nous assène quotidiennement les médias nationaux, même si ces derniers rétropédalent souvent quand leurs informations se révèlent fausses ou très exagérées. L’information continue connaît là ses limites.

Même si le président de l’Ukraine surjoue désormais la carte des médias occidentaux, même si son passé et celui de son pays ne sont pas exempt de tout reproche, rien ne permet une quelconque complaisance envers l’envahisseur russe.

Maintenant, c’est la guerre et tout doit être mis en œuvre pour éviter que la situation dégénère. En ce sens, j’ai publié ce billet : « Je ne comprends pas cette excitation de l’Union européenne relayée par la France ! »

Si les sanctions économiques semblent adaptées à la situation pour exercer une réelle pression sur Moscou et ses oligarques, armer un camp contre l’autre est-il la meilleure façon d’obtenir la paix ?

Deux vidéos pour comprendre le Donbass :

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Et dans le monde ?

2 commentaires

  1. La Russie révèle des documents sur des laboratoires de développement d’armes biologiques en Ukraine financés par les États-Unis – YesPunjab.com

    https://yespunjab.com/russia-reveals-documents-of-lab..

    La Russie révèle des documents sur les laboratoires qui développent des armes biologiques en Ukraine et qui sont financés par les États-Unis.

    New Delhi, 6 mars 2022- Le ministère russe de la Défense a montré des documents provenant de laboratoires biologiques ukrainiens, qui sont financés par le ministère américain de la Défense.

    Les documents confirment que les laboratoires biologiques ukrainiens situés à proximité de la Russie développaient des composants d’armes biologiques, a rapporté Ren TV.

    « Nous avons reçu des employés des laboratoires biologiques ukrainiens des documents sur la destruction d’urgence d’agents pathogènes particulièrement dangereux de la peste, de l’anthrax, de la tularémie, du choléra et d’autres maladies mortelles le 24 février », indique le rapport.

    Le ministère de la défense a indiqué qu’après le début de l’opération spéciale russe dans le Donbass, le Pentagone craignait que des informations sur des expériences biologiques secrètes menées sur le territoire de l’Ukraine ne soient divulguées.

    Les documents reçus sont actuellement analysés par des spécialistes russes des troupes de protection radiologique, chimique et biologique.

    « Afin d’empêcher la découverte des faits de violation par les États-Unis et l’Ukraine de l’article 1 de la Convention des Nations unies sur l’interdiction des armes bactériologiques (biologiques) et à toxines, le ministère ukrainien de la Santé a envoyé une instruction à tous les laboratoires biologiques sur l’élimination urgente des stocks d’agents pathogènes dangereux », a déclaré le ministère russe de la Défense.

    La liste des documents publiés comprend un ordre du ministère ukrainien de la Santé daté du 24 février 2022, qui fait référence à la « destruction d’urgence des agents biologiques pathogènes ».

    L’Ukraine a utilisé la zone de la centrale nucléaire de Tchernobyl pour des travaux sur la fabrication d’une « bombe sale » et la séparation du plutonium, a déclaré un représentant de l’un des départements compétents de la Russie.

    « Il convient de noter séparément l’utilisation de la zone de la centrale nucléaire de Tchernobyl comme site pour le développement d’armes nucléaires », a déclaré la source à RIA Novosti.

    Selon la source, l’augmentation du rayonnement de fond naturel pour la zone de Tchernobyl a caché la conduite de tels travaux, a rapporté RT. (Agence)

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  2. Tu pourrais également rappeler le papier du Monde qui raconte comment les policiers ukrainiens empêchent les étudiants noirs africains de prendre les trains pour la Pologne au cri de « Sortez moi ces singes du train ».
    Comme quoi il n’y a pas que le président qui pose problème pour entrer dans l’UE. Devons nous accepter l’Ukraine dans l’UE pour renforcer le bloc des pays de l’est de l’UE qui ne respecte pas l’Etat de droit (Pologne, Hongrie etc.) et remettent en cause les valeurs de base de l’UE ?

    Soutenir des opposants contre un régime détestable m’a valu quelques désillusions cruelles au cours de ma longue carrière de militant tiers-mondiste. Le premier était Cheikh Mujibur Rahmane, leader de la guerre d’indépendance du Bengla Desh contre le pouvoir pakistanais tyrannique, dans les années 1970. Je me rappelle avoir organisé à Limoges plusieurs manifestations de soutien au Bengla Desh. CMR s’est avéré un dirigeant autoritaire et désastreux sur tous les plans.
    Un autre exemple est le mouvement sandiniste au Nicaragua où je me suis rendu en 1980 après la chute du dictateur Somoza. Aujourd’hui, l’un des principaux dirigeants des sandinistes, Daniel Ortega que j’étais allé applaudir en meeting, est la copie conforme de Somoza.

    Il y a aussi aujourd’hui Navalny que le monde soutient contre Poutine et n’est qu’une copie noire de ce dernier. Un fasciste notoire qui serait pire que Poutine.
    Entre la peste et le choléra, je ne choisis plus, d’autant plus qu’aucun antibiotique n’est efficace contre ces fléaux.

    Je souris (noir) aussi devant cette Pologne héroïque qui accueillent généreusement les réfugiés ukrainiens (mais pas les africains) en réclamant une aide des pays européens auxquels il a refusé toute contribution pour accueillir les réfugiés trans méditerranéens !!!

    L’Histoire est ironqiue et parfois cruelle !

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