Personnes vaccinées, non-vaccinées : on se calme !

Qui n’échappe pas un mot de trop ? Après la relecture complète de l’intervention d’un manifestant de dimanche, je vous propose la copie intégrale d’un texte rédigé par un collectif de scientifiques adressé à tous les parlementaires, et portant sur cette problématique à partir des données scientifiques actualisées. Si un manifestant a dérapé, le préfet à fait une sortie de route !

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« C’est décevant. C’est clairement décevant puisqu’on pensait qu’en appelant à la population générale que les gens allaient se sentir un peu plus concernés, et en particulier ceux qui ont fait le geste, un peu forcés et contraints. Non, on dirait que le fait d’avoir été piqué, ça y est, les gens sont un peu lobotomisés et puis, ont changé d’avis. Ils ne réagissent plus et nous, on passe pour des charlots, des « anarchos » alors qu’en fait, on n’arrête pas de réfléchir, de repenser, de remettre en cause tout ce qu’il y a en cours, car nous, on n’est pas contre la vaccination, on est contre »… Le reportage coupe là ! On peut ajouter, « on est contre la vaccination obligatoire. »

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Il n’est pas évident de parler devant un micro tendu. Ce manifestant parle avec ses tripes, dit ce qu’il ressent avec ses mots à lui. Il est tellement facile par la suite d’isoler un mot de tout un raisonnement pour exciter les foules. Les élus sont particulièrement mal placés pour donner des leçons en la matière. Charlatans et autres, seraient-ils des compliments ? Mais à la veille d’échéance électorale, il faut caresser dans le sens du poil et aller vers le plus grand nombre. Ce n’est pas très courageux. Les élus historiques de l’archipel, ceux de 1989, doivent se retourner dans leur tombe.

De l’autre côté, un « sans-doute vacciné », lance du haut de sa fenêtre à une passante qui revient de la manifestation ; « Hey, non-vaccinées de merde ». Sauf que la passante, est soignante et vaccinée ! Des gens deviennent fous et incapables de raisonnement. Alors, calmons-nous un moment et prenons le temps d’observer les données scientifiques actualisées.

Ce n’est pas parce que le préfet de l’archipel dit des bêtises qu’il faut les répéter.

« Si je sais qu’un médecin n’est pas vacciné, je ne veux pas qu’il me touche » ! Selon le préfet, les non-vaccinés seraient potentiellement dangereux ! La gravité de cette accusation sème le trouble et mérite d’être fermement démentie. Je n’ai pas les compétences pour cela et je me range du côté des compétences reconnues, ce qu’aurait dû faire le préfet avant d’affirmer une telle contre-vérité.

Les parlementaires se sont prononcés contre l’obligation vaccinale pour l’ensemble de la population. Pour alimenter le débat, un collectif de scientifiques a proposé d’éclairer la représentation nationale de cette problématique à partir des données scientifiques actualisées. On note parmi eux la présence du rédacteur en chef de la revue internationale « Coronaviruses » et d’un directeur de laboratoire de l’INSERM. Pour une fois, je ne résume rien pour laisser à chacun le temps de lire et d’avoir (enfin) une information qui s’extrait de ce brouhaha pseudo-scientifique des plateaux-télé.

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Qu’ont-ils écrit aux parlementaires ?

Texte intégral

« Les données observationnelles en population, concordantes dans l’ensemble des pays, montrent que les vaccins anti-COVID actuels (Pfizer, Moderna, Janssen, Astrazeneca) sont associés à une réduction de la morbidité et de la mortalité en particulier chez les plus de 50 ans, notamment les patients présentant des comorbidités (obésité, hypertension artérielle,
diabète…). Toutefois, le niveau de risque viral actuel et les performances vaccinales ne justifient pas l’application de mesures massives, différentes de ce qui est pratiqué pour la grippe par exemple.

Les 7 points clés :

Le seuil épidémique de la maladie Covid-19 n’a pas été dépassé depuis plus de 10 mois et la létalité associée est faible,

Les vaccins actuels ne préviennent pas efficacement la contamination, ne parviennent pas à éliminer toutes les formes graves et les décès, n’évitent pas la transmission, le portage, ni l’émergence de variants,

Avec la couverture vaccinale atteinte, ces vaccins n’empêchent pas la circulation du virus. L’objectif de vacciner pour réduire la circulation virale n’est pas atteignable, ne légitimant pas le recours à une vaccination obligatoire généralisée,

L’immunité des personnes rétablies est aujourd’hui démontrée plus large et durable que l’immunité vaccinale. Il n’est pas justifié de vacciner les personnes rétablies, même au-delà du délai de 6 mois,

Les effets indésirables post-vaccinaux répertoriés à ce jour (décès et hospitalisations) sont plus fréquents et plus graves qu’avec les vaccins usuels,

La vaccination chez les enfants et sujets jeunes sans comorbidités, présente un bénéfice risque défavorable et éthiquement discutable,

A distance de l’émergence virale, de l’urgence et du traumatisme subi, le temps est venu pour des études et recherches de qualité, conformes aux exigences habituelles avant AMM. (Autorisation de Mise sur le Marché). »

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Les professionnels de santé et autres personnes vaccinées et non-vaccinées, ont-elles des raisons légitimes de faire valoir le principe de précaution ? Peut-on imposer un vaccin dans ces conditions ? Une sénatrice a parfaitement résumé ses réserves dans une vidéo que vous pouvez consulter à nouveau ci-dessous.

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Si vous souhaitez aller plus loin, ces 7 points clés sont détaillés ci-dessous.

« La confiance et le respect d’un consentement libre et éclairé par l’information rigoureuse et la pédagogie, sont les gages d’une adhésion large à la vaccination. L’expérience acquise pour la vaccination antigrippale permet de s’appuyer sur des acquis solides en ce domaine.

La situation épidémiologique a évolué et le taux de reproduction R0 est à 0.75 en semaine 37 en France et les indicateurs de morbi-mortalité sont en baisse (point épidémiologique Santé Publique France n°83). Le variant Delta circulant est environ trois à quatre fois moins létal que la souche initiale.

Singapour nous montre qu’avec une prise en charge thérapeutique précoce et une surveillance médicale à domicile, avec des mesures de prévention pertinentes, la létalité de la COVID peut être réduite à moins de 0.1% (73 décès pour 84.510 cas sur 6 millions d’habitants au 24 septembre 2021) [1].

Les données scientifiques montrent cependant que les vaccins actuels pour lesquels l’obligation est envisagée sont imparfaits : les doubles vaccinés peuvent tomber gravement malade et décéder. Ainsi au Royaume Uni, entre le 1er février 2021 et le 12 septembre 2021, les doubles vaccinés contaminés par Delta ont représenté 5516 consultations aux urgences, 2117 hospitalisations et 1613 doublements vaccinés sont décédés (722 non vaccinées sur la même période) [2].

Les vaccins actuels n’empêchent pas non plus que le virus se réplique activement avec des charges virales aussi élevées chez les sujets vaccinés que non vaccinés [3]. Et a fortiori, l’émergence de variants est donc tout autant possible chez les vaccinés que les non-vaccinés. En juillet 2021, à la suite de plusieurs grands événements publics dans le comté de Barnstable, dans le Massachusetts, 469 cas de COVID-19 ont été identifiés parmi les résidents qui s’étaient rendus dans la ville du 3 au 17 juillet ; 346 (74 %) sont survenus chez des personnes complètement vaccinées [4].

La vaccination n’empêche pas la circulation du virus malgré la couverture vaccinale dans des communautés fermées de type hospitalière [5] et carcérale ou dans certains pays. Une étude publiée le 21 septembre par le CDC a constaté dans une prison fédérale du Texas où 79 % de la population avait été vaccinée que 78 % des détenus non préalablement immunisés par la maladie et complètement vaccinés avaient été contaminés [6].

Que ce soit en Israël (64% de vaccinés) ou actuellement à Singapour (76%), le niveau élevé de couverture vaccinale n’empêche pas les pics épidémiques impactant le système de santé.

L’immunisation obtenue par la vaccination s’épuise (4-6 mois) avec une réduction de performance comme l’a montré l’épidémie au Texas avec une contamination qui concernait 91% des détenus pour ceux ayant été vaccinés de plus de 4 mois [6]. Une réduction d’efficacité, passant de plus de 90 % à 65- 66 % a été observée après quelques mois dans des populations ciblées [7][8]. L’immunité des personnes rétablies d’une COVID est plus large et durable que l’immunité vaccinale [9]. La réinfection est rare et en général bénigne. L’immunité naturelle est multi-antigène et efficace. Les patients ayant rencontré le virus SARS-CoV-2 et qui sont immunisés ne devraient pas être vaccinés, notamment s’ils sont jeunes et sans facteurs de comorbidités. Certains pays ont fait le pari d’une couverture mixte naturelle et vaccinale (ex Suède, 65% de vaccinés) et l’épidémie semble actuellement maîtrisée.

L’immunité croisée conférée par les 4 coronavirus endémiques humains (HCoV-OC43, HCoV-229E,HCoV-NL63 et HCoV-KHUl) circulants depuis des décennies semble participer à la réduction du risque chez les plus jeunes : la majorité des enfants et des jeunes qui les ont rencontrés (par de banals rhumes) sont mieux protégés des formes sévères de COVID. Cette immunité croisée très répandue n’est pas prise en compte alors qu’elle est pourtant durablement protectrice contre la maladie COVID-19 [10].

Les vaccins anti-COVID actuels ne sont pas dénués de risques à court terme reconnus (hypertension artérielle, accidents thromboemboliques sévères, myocardites et péricardites chez les hommes jeunes, troubles du cycle menstruel des femmes, manifestations neurologiques graves, décès…) et possiblement d’effets inconnus à moyen et long terme.

Les vaccins ARNm montrent par exemple chez les jeunes hommes un risque immédiat de myocardite (jusqu’à 40 fois plus fréquent que la COVID en population générale selon le rapport du CDC)[11]. Le vaccin Astrazeneca est associé à des risques thromboemboliques. Le vaccin Janssen est associé à des paralysies rares et graves (syndrome de Guillain-Barré) ou des maladies auto-immunes de type thrombopénie immunitaire. On décompte en France à mi-août 2021 les effets post-vaccinaux suivants collectés par les centres de pharmacovigilance et l’ANSM : 6284 hospitalisations, 1205 décès, 487 incapacités, 1041 mises en jeu du pronostic vital [12].

Il faut noter que la sous-déclaration aux centres de pharmacovigilance est notamment expliquée par le caractère non obligatoire des déclarations d’évènements post-vaccinaux par le corps médical et les patients.

Le 9 juin 2021, le Conseil Consultatif National d’Ethique a estimé que la vaccination des enfants de moins de 12 ans n’était pas éthiquement et scientifiquement acceptable. Sur une étude publiée et financée par le laboratoire Pfizer, sur un échantillon de taille réduite [13], les effets indésirables considérés sévères concernaient 0,6 % des jeunes âgés de 12 à 15 ans et 1,7 % des patients âgés de16 à 25 ans sur un suivi d’un mois après la seconde dose (tableau S2 des données en annexe de la publication [14]).

En l’état actuel des connaissances, la vaccination semble favorable dans des cas ciblés avec des comorbidités identifiées. Les autorisations d’urgence, justifiées en 2020, doivent laisser place à des études et dossiers d’enregistrement conformes à ce qui est exigé pour tous les autres vaccins ou médicaments (analyses complètes et détaillées pour valider la performance et la sécurité avant l’AMM), de surcroît avant un usage généralisé chez des personnes en parfaite santé et à risque faible de forme grave. Les autorités sanitaires (ex. EMA) restent en attente de réponses sur la qualité du produit et sur la qualité et la durée de protection contre la COVID-19.

Décider aujourd’hui d’une obligation vaccinale générale reviendrait à forcer le consentement libre et éclairé des personnes, pour des produits toujours sous AMM conditionnelle. Une telle décision aurait pour conséquence de détériorer la cohésion sociale déjà fragilisée (familles, amis, collectifs professionnels etc) et de diminuer davantage la confiance des Français dans leurs institutions politiques, sanitaires/scientifiques. Cette confiance qui repose sur le respect d’un choix éclairé, est indispensable aux politiques de santé publique comme au fonctionnement d’une société démocratique.

Questions subséquentes : Faut-il créer un précédent d’obligation d’utilisation d’un produit temporairement réglementé ? Comment sera-t-il possible ensuite de garantir le système d’évaluation et de validation des produits de santé ?

En résumé, ces arguments scientifiques, éthiques et sociologiques ne sont pas en faveur d’une obligation vaccinale, tout particulièrement chez les enfants, avec cette première génération de vaccins, non dénués d’effets indésirables, dont les performances doivent avant tout être soigneusement évaluées et les protocoles optimisé« .

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Avec cette publication, rédigée par de nombreux scientifiques, vous pouvez librement donner votre consentement ou votre refus motivé, pour la première, deuxième ou troisième dose. Comme vous avez pu le lire, une personne non-vaccinée n’est pas plus « dangereuse » ou contagieuse qu’une personne vaccinée.

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Pour consulter les références et la liste des 100 premiers signataires voici la copie de ce texte ICI

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2 commentaires

  1. Je vous lis régulièrement, et partage en général vos analyses et conclusions. Mais aujourd’hui votre raccourci, qui vous fait passer de UN (sans-doute vacciné) à LES GENS, est de la même nature de ce que souvent vous dénoncez.

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