De 10 à 33 offres d’emploi pour 248 personnes à Saint-Pierre-et-Miquelon (?)

Régulièrement, des employeurs recherchent désespérément des employés pour travailler dans l’archipel à croire que plus personne ne veut travailler. Qu’en est-il ? Combien de demandeurs d’emplois ? Combien d’offres d’emplois ? Quel type d’emploi ? Où les trouver ?

Combien de demandeurs d’emploi dans l’archipel ?

Sur le site de pôle emploi, nous pouvons lire ce jour : « Fin mars 2021, dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A, B, C s’établit à 248. Ce nombre diminue de 17,6 % en un an. (soit -53) »

  • 172 en Catégorie A = Personne sans emploi, tenue d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, à temps plein, à temps partiel, temporaire ou saisonnier)
  • 24 en Catégorie B = personne ayant exercé une activité réduite de 78 heures maximum par mois, tenue d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi
  • 52 en Catégorie C = personne ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures par mois, tenue d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi
  • 19 Catégorie D = personne sans emploi, qui n’est pas immédiatement disponible, et qui n’est pas tenue d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi (demandeur d’emploi en formation, en maladie, etc.)
  • 27 Catégorie E = personne pourvue d’un emploi, et qui n’est pas tenue d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi par exemple : bénéficiaires de contrats aidés, créateurs d’entreprise

Total des 5 catégories = 294

Sur le tableau ci-dessous, la saisonnalité des emplois apparait nettement. Quasiment plein emploi en été ( 100 demandeurs en catégorie A) et pic de recherche en hiver (230 en catégorie A).

Il est possible d’observer que la réduction du nombre de demandeurs suit la courbe démographique de l’archipel. Moins d’habitants, moins de demandeurs d’emplois.

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Combien d’offres d’emploi dans l’archipel ?

Là, les choses se compliquent !

Sur le site de pôle emploi 1, 10 offres seulement sont exposées. (5 CDD, 4 CDI + un emploi libéral). Pour aller plus loin voir le site de pôle emploi 2, 33 offres : 20 CDD et 9 CDI

Sur Cheznoo.net, sont recensées les offres sur plusieurs années, sans pouvoir différencier celles qui sont en cours de celles qui sont obsolètes. Une lecture des 40 premières offres de ce site est intéressante.

  • CDI à temps complet personne qualifiée = 5 offres
  • CDI à temps complet personne non qualifiée = 1 offre
  • CDD temps complet personne qualifiée = 25 offres
  • CDD temps complet personne non qualifiée = 5 offres
  • CDD temps partiel personne qualifiée = 1 offre
  • CDD temps partiel personne non qualifiée = 3 offres

Total des offres pour des personnes non qualifiées = 9 sur 40 !

Le premier contact de celui qui recherche un emploi à Saint-Pierre est opéré à l’aide de ces deux sites internet.

Il est à noter que sur ces 40 offres, près de la moitié ne précise pas la durée du temps de travail ou la durée du contrat et certaines, ni l’un, ni l’autre ! Quant à l’information portant sur le salaire, c’est le secret absolu à part les emplois de la Fonction Publique.

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Dur, dur de trouver de la main d’œuvre !

Selon les employeurs qui se sont exprimés dans le journal télévisé du 17 mai, il est de plus en plus difficile de trouver de la main d’œuvre en été et le phénomène s’aggrave sur ces cinq dernières années. Pour certains, ce serait dû aux incertitudes de la vie étudiantes, pour d’autres aux horaires proposés, etc.

Toujours est-il que le constat apparent sur le site de pôle emploi est de 10 offres, dont 2 seulement pour des personnes non qualifiées, et tout ceci pour les 248 personnes « disponibles » ! Les compétences de ces 248 personnes, sont-elles compatibles avec les offres ? Sur les 40 offres répertoriées sur « cheznoo.net », seuls neufs seraient employables sans qualification.

C’est effectivement compliqué !

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Que faudrait-il améliorer ?

Tout d’abord, il conviendrait de proposer aux demandeurs d’emplois, ou aux personnes qui veulent venir à Saint-Pierre-et-Miquelon, un site fiable qui recense de manière exhaustive, toutes les offres disponibles avec une mise à jour régulière en sortant les offres qui sont pourvues.

Ensuite, la forme des annonces devrait être plus complète et plus claire. Nature du contrat, durée du travail, qualification demandée, contraintes particulières et conditions salariales.

Sur le fond, on ne peut ignorer la taille de l’archipel. La proportion de demandes pour des personnes qualifiées en est l’expression ! L’Éducation nationale par exemple, demande un professeur d’histoire géographie pour un mois ou bien encore un Conseiller principal d’éducation pour cinq mois !

Qui va venir pour occuper ces postes qui font partis des dix offres de pôle-emploi ?

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La fausse bonne idée du « chèque-emploi-service » !!!

Dans ce journal télévisé du 17 mai, nous avons aussi entendu des employeurs de l’archipel réclamer la mise en place du Chèque-Emploi-Service. (connu sous l’acronyme de CESU)

Si c’est une très bonne idée pour les particuliers, mais elle ne s’adresse pas aux entreprises. (Voir tous les détails sur le site de l’URSAFF)

Par contre, le principe mériterait d’être étudié. Comment mutualiser la disponibilité des personnes employables ? Les tâches non-qualifiées de toutes les entreprises de l’archipel, peuvent-elles se mutualiser ? Par exemple, un livreur, un agent d’entretien, peut-il être à la disposition des entreprises de l’archipel plutôt que de n’appartenir qu’à une seule d’entre elle ? La Cacima, peut-elle accompagner cette idée ? Créer une unité de service aux entreprises ?

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Les salaires et RSA

Effectivement, comme l’a précisé un des employeurs, le salaire n’est pas le problème. Mais tout de même, la question doit se poser. En dehors du BTP qui affiche la couleur dans sa convention collective et accepte de négocier des augmentations, les autres secteurs sont peu communicatifs. Bon nombre d’annonces précisent que le salaire est « à négocier avec l’employeur ». Ce qui revient à dire que ce dernier ne s’appuie pas sur une convention collective qui en fixe non seulement le niveau de départ, mais aussi, les évolutions, les primes, les congés, etc. La clarté en la matière est nécessaire.

Le RSA

Terminer cette note par le RSA n’est pas neutre. L’idée de faire travailler ceux qui touchent le RSA est un raccourci qui ne tient pas compte de certaines réalités de la vie. Le handicap, les accidents de la vie peuvent exclure du marché du travail sans prévenir. Il est donc tout à fait naturel d’accorder un minimum pour survivre à défaut de vivre.

D’abord le nombre : selon le dernier rapport de l’IEDOM, l’archipel ne compterait que 23 bénéficiaires du RSA. Ce chiffre est peu fluctuant d’une année sur l’autre.

Ensuite le montant du RSA : Il est de 564, 34 € pour une personne seule, 848, 02 € pour un couple. En cumulant les différentes aides (logement, chauffage, bons divers, etc.) un bénéficiaire du RSA peut atteindre de 700 € par mois.

En observant les huit offres d’emploi qui sont proposées aux personnes non qualifiées dans l’archipel, on observe que trois offres sont à temps partiel. Travailler pour obtenir l’équivalent du RSA est-il motivant ? Certainement pas ! Une personne qui travaille doit pouvoir vivre de son travail. Avec 700 ou 800 €, on ne vit pas à Saint-Pierre-et-Miquelon.

La question des salaires doit aussi être posée selon les secteurs d’activité.

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L’archipel est en difficulté ! quoi que ?

Sera le sujet d’un prochain article.

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