Engage toi et tu vivras !

« Ce qui manque a l’ouvrier, c’est la science de son malheur expliquait Fernand Pelloutier a la fin du XIXe siècle. Plus d’un siècle plus tard, le malheur revient dans l’inconscience des ouvriers. L’organisation du travail et son intensification sous la pression d’un système économique spéculatif conduisent a des maux qui deviennent insupportables pour les salariés.
Pour ne pas être balayés par un individualisme forcené, les salariés doivent s’engager. C’est un combat difficile, mais tout autre choix conduit a l’abandon de ses propres intérêts. L’homme qui n’avance pas dans une société en mouvement est un homme condamné. Pourtant le progrès social a besoin de lui. Qu’il soit chômeur, retraite ou actif, il ne doit pas s’isoler. Il doit faire société. »

(4ème de couverture de mon livre « Travail ; des traumatismes à l’espérance » – Éditions Le Manuscrit – mai 2014)

Pourquoi donner du temps pour les autres ?

L’engagement pour les autres est une position qui ne s’explique pas, mais qui se vit. Il est vrai qu’il connait pas mal de dérives qui freinent l’envie de s’engager gratuitement dans une association, un syndicat, une organisation militante. Certains s’investissent dans ces endroits par générosité avec empathie et abnégation. D’autres, au contraire, s’y retrouvent par intérêt, souvent pour exercer un pouvoir qu’ils ne peuvent pas exercer par ailleurs, Des petites gens qui n’existent que pour eux mêmes. Il faut les dénoncer comme des parasites.

Le savoir comme guide et le doute comme richesse

La lecture est un monde qui s’ouvre et qui éveille. Il n’est pas facile de lire, de trouver le moment de tranquillité qui permet de s’extraire un instant d’un monde fou d’urgence et d’émotions. C’est pourtant un effort essentiel pour qui veut comprendre et agir pour le monde qui l’entoure.

Je considère mes certitudes comme une faiblesse et mes doutes comme une force. Rien n’est pire que la certitude car elle nous prive de réflexion. On sait une fois pour toute et c’est terrible. Je suis souvent frappé par la consommation de vérités établies qui permettent de condamner, de juger, d’agglomérer des phrases toutes faites comme par exemple ; « Ils ont tous pareils »!

Il ne vient pas une seconde à l’esprit de ces gens là, que si tout le monde est pareil ils ne sont pas différents des gens qu’ils condamnent !

Le doute au contraire nous permet d’avancer, d’explorer, de rechercher la vérité par le recoupement de savoirs souvent contenus dans les lectures du passé et du présent. Ne nous privons pas de la réflexion de ceux qui ont passé leur vie à comprendre l’évolution de notre société. C’est ainsi que j’ai rencontré Étienne de La Boétie et son « discours de la servitude volontaire », ou bien encore le livre d’Alexandre Dujardin, « Des gens très bien ». Il y en a bien d’autres, enrichis de rencontres passionnantes, qui permettent ainsi de construire le savoir et de mieux comprendre ce monde et ceux qui nous entourent.

La vérité que l’on recherche n’est que la conjugaison d’un instant et d’un savoir. Avant que les navigateurs n’aient exploré les mers, la terre était plate. Tout évolue et la personne qui n’avance pas dans une société en mouvement est une personne condamnée.

Mais pour s’engager il faut un peu de courage.

« Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de noire bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » (jean Jaurès Extrait du Discours à la Jeunesse, Albi 1903 )

Qu’est-ce qui vous retient ?

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Quelques phrases de La Boétie :

« Sous les tyrans, les gens deviennent aisément lâches et efféminés.  Les gens soumis n’ont ni ardeur, ni pugnacité au combat. Ils y vont comme ligotés et tout engourdis, s’acquittant avec peine d’une obligation.  »

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« Les gens soumis dépourvus de courage et de vivacité, ont le cœur bas et mou et sont incapables de toute bonne action. Les tyrans le savent bien. Aussi font-ils tout leur possible pour mieux les avachir. »

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« Ces misérables voient reluire les trésors du tyran ; ils admirent, tout ébahis, les éclats de sa magnificence ; alléchés par cette lueur, ils s’approchent sans s’apercevoir qu’ils se jettent dans une flamme qui ne peut manquer de les dévorer. »

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« Tel est le penchant du peuple ignorant, soupçonneux envers celui qui l’aime et confiant envers celui qui le trompe. Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter sa tyrannie et la servitude du peuple, je suis presque aussi souvent ébahi de leur méchanceté qu’apitoyé de leur sottise. »

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« Chez les hommes libres au contraire, c’est à l’envie, à qui mieux mieux, chacun pour tous et chacun pour soi : ils savent qu’ils recueilleront une part égale au mal de la défaite ou au bien de la victoire.« 

1 commentaire

  1. Très bien ! Bravo

    J’aimerais vous joindre cher M. Garnier : je pense que vous vous souvenez de moi comme Rédacteur en chef de Préventique.
    J’ai une autre casquette dont j’aimerais vous parler : on échange par mail puis téléphone ?

    Merci
    cordialement
    Didier Raciné

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