Annick Girardin, serait-elle légèrement dépensière ?

Cette fois, ce n’est pas « Le Canard enchaîné » qui calomnie la ministre (voir ICI), mais la Cour des comptes qui soulève un manque d’exemplarité de régularité et de transparence dans la gestion du ministère des Outre-mer durant son passage. Est-elle coupable pour autant ? Qui est exemplaire dans ce gouvernement ?

Vous pouvez lire le rapport public complet de la Cour des comptes ICI.

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Les observations de la Cour sont résumées ci-dessous :

LES EFFECTIFS DE SON CABINET :

Le premier élément que soulève la Cour des comptes, ce sont les 56 membres de son cabinet à l’Outre-mer alors que ce ministère ne compte que 137 agents. À titre de comparaison, le ministère de la Culture compte 44 conseillers pour 11 276 agents, soit un conseiller pour 256 agents, contre un pour deux agents à l’Outre-mer.

LA RÉMUNÉRATION DE SES CONSEILLERS :

Si la rigueur sévit dans tous les ministères, si les fonctionnaires ont les salaires bloqués depuis 11 ans, au ministère des Outre-mer du temps de Madame Girardin, les rémunérations ont augmenté de 25 % en 4 ans ! La Cour souligne une grande variété des situations.

« Cette dispersion résulte davantage des profils des personnes, de leur affectation précédente, de leur statut, que de l’importance des fonctions qu’ils exercent au sein du cabinet. » En clair, c’est une gestion de copinage avec des primes accordées aux uns et pas aux autres alors qu’ils font le même travail souligne la Cour.

LES DÉCLARATIONS D’INTÉRÊTS DANS UN COFFRE :

Extrait : « À l’automne 2020, certaines des déclarations de patrimoine de l’équipe en fonction avant juillet 2020 n’avaient toujours pas été produites.
Il ressort par ailleurs des investigations conduites que les doubles de ces déclarations d’intérêts déposées par les conseillers étaient conservés, non ouverts et sans avoir été consultés, dans un coffre du cabinet.
Or, cette obligation de déclaration, qui contribue à la prévention des conflits d’intérêts, impose que les personnes chargées d’une mission de service public, placées sous l’autorité d’un supérieur hiérarchique, saisissent celui-ci si elles estiment se trouver dans une situation de conflit d’intérêts. »

Là aussi, ce devait être un secret-défense ? Qu’avait-il à cacher ?

LES DÉLÉGATIONS DE SIGNATURE ET LES MOYENS DE PAIEMENT

« Plusieurs collaborateurs de la ministre (directeur de cabinet, directeur adjoint, chef de cabinet, chef du bureau du cabinet et son adjoint) ont ainsi reçu délégation pour engager des dépenses sans limite de montant ni de nature ».

« La Cour a relevé, certes pour des montants limités, désengagements en régularisation, des dépenses sans justificatifs, des paiements irréguliers (dont ceux d’amendes pour des infractions de circulation commises par les chauffeurs du cabinet), des certifications de service fait a posteriori et des dossiers de dépenses égarés. »

Le nouveau ministre, qui a pris la suite d’Annick Girardin, a rectifié ces délégations de signature extensives et peu encadrées.

LE CONTRÔLE BUDGÉTAIRE ET COMPTABLE :

La Cour est claire : « Le contrôle budgétaire et comptable des dépenses du cabinet s’est avéré partiel et insuffisant. Une part non-négligeable des dépenses n’est pas traçable, voire manque de lien évident avec les activités du service ou a été effectuée en dehors des marchés… »

LES FACTURES LAISSÉES PAR ANNICK GIRARDIN A SON SUCCESSEUR :

« La Cour a relevé l’existence d’un montant de 4 365,85 € d’impayés dus au restaurant du ministère (« popote ») exposés par le cabinet d’août 2016 à mai 2017 et finalement réglés en 2017 par carte d’achat. De manière plus significative, quatre impayés au titre de transports aériens réalisés subsistaient encore fin 2020, dont l’un depuis 2011, auprès de l’escadron de transport 60 de l’armée de l’air, pour un total avoisinant 216 000 €.
Un début de règlement de ces arriérés a été engagé par l’actuel cabinet. »

Toutes les factures d’avion n’étaient pas le fait d’Annick Girardin, mais cela démontre le manque de rigueur dans la gestion des deniers publics qui est imposée par ailleurs.

LES FRAIS DE BOUCHE :

« Pour assurer l’alimentation d’une équipe de 10 puis 15 conseillers de mai 2017 à novembre 2020, 726 599 € auront été dépensés en frais de bouche, soit 15 800 € par mois en moyenne. »

Plus de 1 000 € de frais de restauration par mois et par conseiller !!! Heureusement, ce n’était pas indexé sur les prix de Saint-Pierre-et-Miquelon ! Ces gens-là sont hors-sol et ne connaissent plus les limites du raisonnable.

Cette image montre la chancelière allemande, Angella Merkel, qui fait ses courses au supermarché. A-t-elle- moins de contraintes que les conseillers de la ministre des Outre-mer de France ? Ce n’est pas pour la photo, mais c’est une autre façon de faire de la politique, une pratique inconnue en France comme l’explique cet article de France info ICI.

PARC AUTOMOBILE, TRANSPORTS AÉRIENS :

Des voitures de fonction attribuées à des personnes sans respecter les règles fixées par voie de circulaire.

En ce qui concerne le transport aérien, « la Cour a relevé que deux de ces voyages ont été effectués hors du cadre du marché… Ces voyages spéciaux (d’un coût allant jusqu’à 4 500 € par heure de vol) ont été organisés alors que des liaisons aériennes commerciales existaient. »

L’histoire ne dit pas si cela concerne le voyage spécial de plus de 30 000 €, en Falcon 2000 de la République française, pour livrer elle-même les vaccins Moderna à l’archipel !(voir ICI)

Bilan :

Manifestement, Annick Girardin, plongée dans le contexte d’un pouvoir sans contrôle, a fait preuve de légèreté et de largesses. Ceci n’a pas de place lorsque la rigueur est imposée de partout, surtout dans la fonction publique dont elle était aussi la ministre. Elle sait donc parfaitement combien la situation salariale des fonctionnaires s’est dégradée depuis qu’elle arpente les bureaux des différents ministères dans différents gouvernements.

Elle fait donc partie de ce gouvernement qui refuse une augmentation du SMIC, qui réduit les APL de 5 € par mois et qui autorise une dépense de 1 000 € par mois pour nourrir ses conseillers ! Et tout ceci se déroule sans qu’aucun sentiment de culpabilité ne puisse effleurer leur conscience ! Jamais un gouvernement n’a connu autant de conflits d’intérêt, de fausses déclarations, de mensonges en tout genre et de mépris vis-à-vis des gens qui ne partagent pas sa vision étriquée d’une République qui est socialement asséchée. Tout est acceptable si les mesures sont équitables ! On ne peut pas « en même temps » améliorer la situation des plus riche de ce pays et piller tous les autres. Ce mépris est insupportable.

Cette frasque d’Annick Girardin, est l’illustration d’un pouvoir qui n’est plus en prise avec la réalité. Comment peut-on encore faire confiance et voter pour des gens comme ça ?

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