Comme en 40 ! Faut-il à nouveau taxer les riches à 90% ?

Après la crise de 1929 le taux d’imposition sur les revenus était de 90% au-dessus de 900 000 euros annuels ! Aujourd’hui la majorité des gens s’étonnent devant ces chiffres.  Le pays s’est redressé et les inégalités se sont réduites car elles sont plus importantes lorsque les taux d’imposition des plus riches sont au plus bas. Justice social et fiscale !

(Le tableau ci-dessus est traduit en euros)

Le taux marginal pour l’impôt sur les revenus en 1967 était de 81% au-delà de 86 800 euros par part ! Aujourd’hui, il plafonne à 40% au-dessus de 400 000 euros et nos gouvernants trouvent que c’est encore trop !

Thomas Piketty dans son célèbre livre « Le capital du XXième siècle » rappelle quelques faits historiques.

Les taux d’imposition durant la période qui s’étend de la fin de la Seconde guerre mondiale au début des années 1980 étaient si élevés en comparaison à ceux d’aujourd’hui que la majorité des gens s’étonnent devant les chiffres :

  • Aux États-Unis, la tranche supérieure des revenus des plus riches était imposée à 91 % jusqu’en 1964.
  • Au Royaume-Uni, ce taux s’élevait à 83 % lorsque Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir en 1979.
  • En France, les plus riches payaient entre 60 et 80 % d’impôt sur la tranche supérieure de leurs revenus durant toute la période de l’après-guerre.

Attention ! Ce ne sont pas 80% sur la totalité des revenus, mais au-delà d’un certain revenu. Par exemple en 1967, c’était 81% au-delà de 86 800 euros par part ! Rassurez-vous, il en reste pour vivre et vivre bien !

Ces solutions ont permis de supprimer la dette, de relancer l’économie et de réduire considérablement les inégalités. Pour Thomas Piketty les choses sont claires:

« Le fait que le taux s’élève sensiblement – ou au contraire s’abaissent nettement – pour les revenus ou les patrimoines les plus élevés peut avoir un impact dynamique très important sur la structure d’ensemble des inégalités. » (page 797)

De nos jours, ces pays ont abaissé leur taux maximal d’imposition autour de 35 à 40%. En conséquence, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres sont de plus en plus nombreux car les gouvernements ont de moins en moins à leur offrir.

Ainsi, taxer davantage les riches contribuerait à réduire les inégalités. De plus, il s’avère que la Grande dépression de 1929 et la Grande récession de 2008 se sont produites lorsque les taux d’imposition des plus riches étaient à leur plus bas. Et au contraire, les taux d’imposition étaient historiquement élevés durant la longue période de prospérité des années 1945 à 1980.

  • L’accroissement des inégalités nuit à la croissance économique.
  • Taxer davantage les plus riches pourrait contribuer à relancer l’économie.

Il faut le faire !

C’est pourquoi, d’une manière provisoire, c’est-à-dire le temps que la France retrouve la période de plein emploi, soit un taux de chômage inférieur à 5%, le gouvernement devrait reprendre des méthodes qui ont fait leurs preuves aux Etats-Unis, en Angleterre et en France, soit ; une augmentation provisoire du taux d’imposition à 80% au-delà de 400 000 euros par an et par part ! En quelques années la dette de la France n’existera plus !

Thomas Piketty, et de nombreux économistes avec lui, estime que « la solution de loin la plus satisfaisante pour réduire la dette publique consiste à prélever un impôt exceptionnel sur le capital. »

C’est la manière la plus rapide et la plus efficace pour réduire les inégalités et pour relancer l’économie.

Mais le Président des riches est fidèle en amitié et ne changera pas de cap ! Ses amis les plus riches n’ont rien à craindre de lui, mais il est impensable que la situation dure toujours. L’économiste John Meynard Keynes estimait en 1929, qu’il faudrait une centaine d’année pour que les choses s’inversent. C’était en 1929, nous sommes en 2019, le grand changement se rapproche mais il ne viendra pas tout seul.

Soit les gouvernements prennent conscience des inégalités qui sont ressenties comme insupportables par le plus grand nombre et tout se passera dans le calme, soit ils voudront garder le cap pour les plus riches et le pire peut alors arriver !