Saint-Pierre-et-Miquelon, deux ministres, des interventions.

Après le 5 février autour du sénateur Stéphane Artano, c’était le 7 février, autour des ministres Annick Girardin et Frédérique Vidal. La recherche locale, la cherté de la vie, le pouvoir d’achat, le logement, la souffrance au travail, etc., sont les expressions libres d’un débat qui devra se prolonger par des actes.

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Beaucoup d’interventions de la part de personnel de l’Education Nationale, dont une qui m’a fait réagir et que je reprends à la fin de cet article. Mais aussi, cette interrogation d’une jeune chercheuse installée sur l’archipel et qui demande comment le territoire va pouvoir convaincre les chercheurs de s’installer ici avec leur BAC+5 et 1.600 euros net par mois ?

Le pouvoir d’achat, les prix et le logement :

Oui, c’est une évidence. Le pouvoir d’achat est une des questions essentielles d’attractivité du territoire. Qui peut venir ici avec comme promesse de salaire 1 600 euros net par mois ? Qui peut venir, lorsqu’à la suite du débat, un jeune m’explique qu’il cherche désespérément un logement. Avec sa copine, ils ont peut-être trouvé un 50m² à 1 400 euros par mois ! Qui peut s’étonner du manque d’attractivité de notre territoire ? Pourquoi certains secteurs d’activités ne trouvent pas de main d’oeuvre ?

Vient ensuite cette interpellation d’une commerçante qui explique que pour 550 euros de marchandises commandées en métropole, elle paie 300 euros de transport et 150 euros de taxes.

550 euros départ métropole = 1 000 euros à l’arrivée, sur lesquels elle ne dégage aucun salaire pour elle même !

Je reste convaincu que ce sont les éléments essentiels de la baisse constatée de la population, car, au delà du retour des jeunes, reste la question de la venue de celles et de ceux qui souhaiteraient travailler dans le cadre apaisé de l’archipel, car c’est un cadre géographique apaisant. Mais avec 1.600 euros de salaires et 1.400 euros de loyer, cela relève du sacerdoce !

Autant je pense que le débat national est une opération de communication du gouvernement, comme je m’en suis expliqué dans le cadre de la nouvelle émission de SPM la 1ère « PLACE PUBLIQUE », autant les échanges dans l’archipel (celui du sénateur et celui de ces ministres) , sont à mettre au profit du bon sens par nos acteurs locaux.

Une prime de vie chère pour tous

C’est pourquoi je suis intervenu sur le pouvoir d’achat dans l’archipel en proposant par exemple, d’étendre à tous les salariés du secteur privé une prime de vie chère à l’exemple de celle qui est versée aux fonctionnaires. (et l’on pourrait allouer à tous les travailleurs indépendants qui se trouvent en dessous d’un certain seuil de revenus).

Vous noterez à la fin de mon intervention que je ne demande pas aux ministres de m’expliquer pourquoi tout ceci n’est pas possible, mais d’indiquer comment ils peuvent le rendre possible.

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Mon intervention:

Mesdames les Ministres, Mesdames et Messieurs,

Compte tenu du temps imparti, je vais limiter mon propos à la seule question du pouvoir d’achat.

Pour améliorer le pouvoir d’achat il est possible d’agir en 2 directions :

  1. La réduction des prix,
  2. L’augmentation des revenus.

En ce qui concerne la réduction des prix, l’observatoire s’est réuni cet après-midi. Il est donc possible que tout soit réglé dès que la vérité sur les prix sera réalisée. Quelle marge ? Pour qui ? De combien ? Et sur quoi ? Un rapport vient de sortir à ce sujet et, dans le cadre de la transparence que vous souhaitez, vous vous êtes engagée ce matin à la radio, à la publication de toutes les enquêtes sur les prix qui seront menées dans le territoire. Cette transparence est une bonne chose.

Mais, la meilleure solution pour assurer la continuité de la République, n’est-elle pas d’aligner tous les prix de l’archipel sur ceux de la métropole ? J’avoue que ce doit être plus compliqué que d’augmenter les revenus de chacun. Alors parlons du second point : Comment augmenter les revenus de chacun ? C’est d’ailleurs une ambition commune que je partage avec les plus riches de ce pays. Toujours plus ! Pourquoi pas nous ?

En ce qui concerne les fonctionnaires,

Lorsque vous étiez Ministre de la Fonction Publique, ces derniers ont obtenu 0,6% en 2016 et 0,6% 2017, soit 1,2% grignotés il est vrai, par l’augmentation concomitante de la cotisation retraite de 0,45%. En 10 ans, la perte le traitement de base des fonctionnaires s’élève à plus de 10% ! Sur un traitement de 2000 euros ce sont tous les mois, 200 euros qui manquent en bas à droite du bulletin de paie.

Mais, me direz-vous, dans les outre-mer les fonctionnaires bénéficient d’une indemnité de vie chère qui représente 40% de leur traitement. C’est un fait, mais il est supprimé lorsqu’ils se retrouvent à la retraite.

A l’occasion de la rencontre avec les élus d’outre-mer la semaine dernière le Président de la République a précisé que « La vie chère est entretenue par le fait qu’il y a une dualité des rémunérations en Outre-mer », « Aujourd’hui la vie est chère pour tous ceux qui n’ont pas la sur-rémunération. »

 Et, il a de nouveau appelé les élus des outre-mer à mettre fin à ce système par eux-mêmes en « pensant une transition sur 10 ans ».

Je rappelle premièrement, que si les fonctionnaires bénéficient d’une indemnité de vie chère, c’est parce que la vie est chère en outre-mer.

Mais nous ne serons jamais qui de la poule ou de l’œuf à commencer le premier.

Et en ce qui concerne l’appel aux élus d’outre-mer pour mettre fin à ce système, je répondrai, que ce n’est pas parce que le fermier n’a pas su attraper ses poules qu’il doit demander au renard de les manger !

En même temps, le Président de la République à raison lorsqu’il annonce qu’« Aujourd’hui la vie est chère pour tous ceux qui n’ont pas la sur-rémunération. »

 Alors oui, parlons de ceux qui ne perçoivent pas cette indemnité de vie chère :

Madame la Ministre que comptez-vous mettre en œuvre dans les outre-mer, dans cet archipel qui est le vôtre, pour que les salariés du secteur privé puissent bénéficier d’une indemnité de vie chère, car comme le dit le président de la République, la vie est chère pour tous ceux qui n’ont pas cette surrémunération ?

Comment pouvez vous convaincre les employeurs de l’archipel de négocier les salaires, car, en dehors du secteur du BTP, qui est le seul à jouer le jeu de la représentativité et de la négociation dans l’archipel, aucun accord n’a été signé sur cette question des salaires pour les autres secteurs d’activité depuis l’année 2007 ?

L’indemnité de vie chère à tous ces travailleurs peut être une réponse de l’Etat !

Enfin, pour les retraités, votre gouvernement a décidé de ne plus les indexer les retraites sur l’évolution des prix et en même temps, vous encourager les plus riches à devenir encore plus riches. Vous avez appris, comme nous, que les entreprises Françaises qui captent majoritairement les effets du Crédit d’Impôts pour la compétitivité et l’emploi (CICE  40 milliards en 2019), ces entreprises ont distribué 57 Milliards de dividendes à leurs actionnaires !

Pour la compétitivité c’est gagné mais pour l’emploi c’est raté !

C’est donc cette politique injuste fiscalement et inacceptable socialement qui légitime la révolte des français dans l’hexagone aujourd’hui.  

Vous avez mis cette question du pouvoir d’achat à l’ordre du jour de cette séance et donc, que comptez vous faire concrètement pour que tous les habitants de cet archipel puissent vivre dignement dans ce contexte ou les milliards ne vont pas dans le bon sens ?

Merci pour votre invitation, pour votre attention et pour vos réponses, qui ne devront pas expliquer pourquoi tout ceci n’est pas possible, mais d’indiquer comment vous allez les rendre possible ?

Merci.

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2ème intervention au cours du débat ; Santé au travail :

A la suite de l’intervention poignante d’un enseignant en souffrance, se plaignant de l’absence de réponse en matière de souffrance au travail par la hiérarchie locale de l’éducation nationale, j’ai rappelé l’existence du projet que je porte pour créer un service territorial de la prévention de la santé au travail. Composé d’infirmier, psychologue et ergonome ce sera une véritable équipe pluridisciplinaire au service non seulement des salariés et des fonctionnaires, mais aussi de tous les employeurs à titre collectif ou individuel.

Si les employeurs devaient financer seuls cette équipe, et donc répondre aux obligations réglementaires actuelles, la cotisation pour la médecine du travail ferait plus que doubler. Compte tenu de la taille du territoire, l’Etat doit assurer l’égalité d’accès à la santé au travail ce qui nécessite un coût d’environ 350 000 euros par an qui viendront compléter la participation actuelle des employeurs à travers la cotisation versée à l’association de médecine du travail (AMT)

Le projet est sur le bureau du Préfet. Après les acteurs locaux, la ministre Annick Girardin en est maintenant informée

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nota: avec ce lien l’article et le projet tel que présenté ICI il y a un an. Ce dernier a été retravaillé depuis pour en réduire le coût initial.

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